Le 17 2012
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FAQs Désinfectants/Stérilisation
Quand devrais-je utiliser un désinfectant à forte action pour nettoyer les surfaces environnementales?
[RRCI Centre-Sud]

Les désinfectants à forte action ne serviraient jamais à nettoyer une surface environnementale. Le document du CCPMI sur les pratiques exemplaires du nettoyage, de la désinfection et de la stérilisation définit la désinfection radicale ainsi : c’est « le niveau de désinfection requis pour le retraitement du matériel médical semi-invasif. Les méthodes de désinfection complète détruisent les bactéries végétatives, les mycobactéries, les champignons et les virus enveloppés (lipides) et non enveloppés (non-lipides), mais pas nécessairement les spores bactériennes. Le matériel médical doit être nettoyé à fond avant d’entreprendre une désinfection complète. » L’équipement soumis à une méthode de désinfection complète est immergé dans le produit pour la durée recommandée par le fabricant.


2.  Dans notre petit hôpital, il n’y a qu’une pièce pour ranger l’équipement, qu’il soit propre ou sale, en plus de notre machine à laver les bassins hygiéniques. Est-ce satisfaisant?

 

Non, d’après les pratiques exemplaires, cette situation n’est pas satisfaisante. Les espaces propres et les espaces souillés doivent être clairement distincts. Le document du CCPMI Pratiques exemplaires en matière de nettoyage, de désinfection et de stérilisation fait ces recommandations :

  • Les lieux de travail souillés doivent être physiquement séparés de tous les autres espaces dans le local.
  • Les lieux qui servent à la décontamination devraient être physiquement séparés des espaces propres et des autres lieux de travail par des murs ou des partitions.
  • Les murs ou les partitions devraient être construits de matériaux qui peuvent résister au nettoyage fréquent.
  • Il faut fournir un espace adéquat pour l’équipement et le matériel de décontamination qui sert au nettoyage et au retraitement.

  • 3.  Un rasoir électrique peut-il servir à plus d’un patient si on le nettoie entre les utilisations?

    Utiliser un rasoir électrique pour plus d’un patient/résident n’est pas considéré comme une pratique acceptable dans un établissement de soins de santé, car ce n’est pas conforme aux mesures élémentaires de l’hygiène personnelle et on peut ainsi exposer les patients/résidents à un risque de transmission de microorganismes et d’infection. (CCRA, Pratiques exemplaires de la prévention et du contrôle des infections, juin 2007)


    4.  Est-ce vraiment nécessaire d’utiliser l’alcool lors du rinçage final pour le retraitement d’un endoscope?

    Oui. Le rinçage à l’alcool est l’étape finale du processus de séchage d’un endoscope et on a pu établir par observation qu’on réduit ainsi de beaucoup la possibilité de contamination par des microorganismes présents dans l’eau.


    5.  Est-ce acceptable d’utiliser l’eau du robinet pour rincer une sonde ultrasonore vaginale après qu’elle a été désinfectée chimiquement?

    Non, l’utilisation de l’eau du robinet pour rincer cet équipement n’est pas une pratique acceptable. Les appareils semi-invasifs, c’est-à-dire les appareils qui ont contact sans pénétration avec la peau lésée ou les muqueuses, nécessitent au moins une désinfection à action forte. On devrait rincer une sonde ultrasonore vaginale à l’eau stérile après la désinfection à action forte afin de prévenir la contamination par des organismes présents dans l’eau du robinet, comme Mycobacteria legionella non tuberculeuse ou les bacilles Gram-négatif comme Pseudomonas spp.


    6.  Faut-il assurer la désinfection à action forte d’une sonde ultrasonore vaginale si elle est recouverte d’un condom ou d’une gaine de protection?

    Oui. La gaine de protection peut faire défaut. En fait, on a constaté que les gaines de protection des sondes ultrasonores présentent un taux de perforation très élevé avant même qu’on ne les utilise. On a constaté que les condoms ont un rendement supérieur aux gaines de protection des sondes vendues dans le commerce (taux de bris de 1,7 % pour les condoms, en comparaison avec 8,3 % pour les gaines à sondes ultrasonores), mais cela ne change rien au fait que seule la désinfection à action forte est appropriée. Il faut aussi assurer la désinfection à action forte d’autres sondes – rectales, cryochirurgicales et transoesophagiennes – et d’autres appareils doivent aussi subir une désinfection à action forte avant de servir à un prochain patient.


    7.  Je crois savoir que d’ici 2011, toute personne qui utilise un stérilisateur devra obtenir une formation et un agrément dans ce domaine et renouveler cet agrément au cinq ans. J’aimerais qu’on me fournisse les renseignements sur l’obtention de l’agrément pour assurer notre conformité avec les normes de la CSA.

    Il est vrai qu’en 2011 la formation et l’agrément seront exigés. Consultez l’annexe G du document du CCPMI Pratiques exemplaires en matière de nettoyage, de désinfection et de stérilisation pour savoir où s’adresser pour joindre les organismes qui fournissent des cours menant à l’agrément à l’intention des personnes qui s’occupent du retraitement de l’équipement médical. La Central Service Association of Ontario fournit aussi un cours sur les techniques de retraitement.


    8.  J’ai reçu des plaintes de nos travailleurs par rapport à l’eau de Javel et j’envisage d’acheter un nouveau produit. Comment devrais-je choisir un produit et évaluer ce qui conviendrait le mieux à mon contexte?

     

    Le document du CCPMI Pratiques exemplaires en matière de nettoyage, de désinfection et de stérilisation compare divers produits de nettoyage qui conviennent aux établissements de soins de santé. Consultez l’annexe A qui fournit aussi un tableau décisionnel qui pourrait vous aider à mener votre évaluation. Quelques facteurs dont vous devrez tenir compte sont l’efficacité du produit, son coût, la durée de contact et l’accord du personnel.


    9.  Je travaille dans un contexte de soins de courte durée où nous faisons parfois des chirurgies au cours desquelles il faut ajuster et insérer un implant. En cours de chirurgie, plusieurs pièces de l’implant peuvent devenir contaminées pendant le processus d’ajustement. Certains ensembles d’implants sont très coûteux et comme nous voulons minimiser les coûts, nous aimerions savoir comment nous pourrions retraiter de façon sécuritaire les pièces qui ont été contaminées, mais qui n’ont pas été utilisées.

     

    Le fabricant fournit des instructions pour le retraitement des implants, mais en même temps, il ajoute l’énoncé suivant dans ces instructions : « Tout implant contaminé par le sang, les tissus ou les liquides/matières corporels doit subir le retraitement indiqué par le protocole de l’hôpital. Le fabricant ne recommande pas le retraitement des implants contaminés. »


    Bien que les directives du fabricant semblent se contredire, c’est important de comprendre que ces énoncés se rapportent à deux situations différentes. Les instructions fournies par le fabricant en ce qui concerne le retraitement des implants sont indiquées seulement pour les implants qui n’ont pas été contaminés.

     

    L’énoncé où il est question d’implants contaminés par le sang, les tissus et les liquides/matières corporels indique que les hôpitaux ont besoin de définir des politiques ou des procédures en ce qui concerne le retraitement des implants. Plus loin dans ce même énoncé, le fabricant ne recommande pas le retraitement des implants contaminés. Bien que cet énoncé semble ambigu, le fabricant indique en fait que si le protocole de l’hôpital est de retraiter les implants contaminés, alors le fabricant n’assume aucune responsabilité en ce qui concerne toute difficulté qui résulterait de l’utilisation d’implants qui ont subi une contamination antérieurement.

     

    Comme vous le mentionnez, c’est coûteux d’éliminer des implants qui subissent une contamination, mais qui finissent par ne pas servir. La seule recommandation qu’on puisse faire en ce cas est de suivre les instructions du fabricant. En pratique, essayez de minimiser la contamination pendant la procédure; le chirurgien ou la chirurgienne s’efforcera de manipuler seulement les implants qui, à son avis, pourraient convenir. Le succès de cette démarche variera sans doute selon l’expérience du chirurgien ou de la chirurgienne en question. Dès qu’il ou elle aura manipulé l’implant à l’aide de gants qui ont servi dans le champ opératoire, on doit considérer qu’il y a eu contamination, qu’elle soit visible ou non. Donc, on ne retraitera pas cet équipement et on l’éliminera.


    10.  Peut-on transporter un appareil médical stérile d’un local de rangement vers un local de réception dans un véhicule qui a servi à transporter des objets contaminés?

     

    Oui. Le document de la CSA Z314.15-10, « Warehousing, storage and transportation of clean and sterile medical devices », indique ceci : « Le compartiment d’un véhicule qui a servi à transporter un appareil médical contaminé sera nettoyé et désinfecté avant de servir au transport d’appareils médicaux propres ou stériles » [notre traduction]


    11.  Que signifie l’expression « stérilité en fonction des événements »?


    La durée de conservation d’un emballage stérile dépend des événements plutôt que du temps. La notion de la stérilité en fonction des événements renvoie à l’idée que les objets qui ont été décontaminés, stérilisés, rangés et manipulés conformément aux procédures établies restent stériles indéfiniment à moins que l’intégrité de l’emballage ait été compromise. Cela signifie qu’il faut inspecter l’emballage attentivement avant d’utiliser son contenu. L’intégrité d’un emballage dépend de ces facteurs, sans s’y limiter :

    • la méthode utilisée et le soin mis à retirer l’emballage du conteneur ou des boîtes d’expédition
    • le matériel de l’emballage et sa conception
    • l’emballage est-il peu serré ou ouvert?
    • le paquet a-t-il été rangé sur une tablette ouverte ou fermée?
    • l’emballage est-il déchiré?
    • a-t-on échappé le paquet?
    • la méthode, la fréquence et les conditions du transport
    • les conditions environnementales dans le local de rangement
    • le paquet a-t-il été mouillé ou exposé à l’humidité?
    • l’accès au local de rangement est-il contrôlé et surveillé?

      Reference: CSA Z314.15.10


      12. À quelle fréquence doit-on nettoyer et désinfecter un bassin hygiénique qui sert à un seul patient à plusieurs reprises?

       

      Il n’y a pas de règles rigides pour le nettoyage de ce genre d’équipement entre ses utilisations par un même patient. On décide de la fréquence du nettoyage en gardant à l’esprit les considérations suivantes :

      • la possibilité de ranger ces pièces d’équipement à l’écart des pièces d’équipement qui servent à d’autres patients, afin d’éviter la possibilité de contamination entre les bassins servant à des patients différents;
      • les considérations dues à une transmission ou à une éclosion en cours;
      • la présence de souillure visible (si c’est le cas, on devrait nettoyer et désinfecter immédiatement).

        Par exemple, vous pourriez nettoyer et désinfecter cet équipement plus souvent si une éclosion gastro-intestinale est en cours dans votre établissement ou s’il y a dans l’urine une incidence élevée de bactéries résistantes aux antibiotiques, comme la BLSE.


        13.  Est-ce acceptable de traiter l’équipement à l’eau bouillante dans le contexte des soins à domicile?

         

        Les références suivantes sont tirées directement du document du CCPMI Pratiques exemplaires en matière de nettoyage, de désinfection et de stérilisation :

         

        Page 24: Le matériel médical non invasif et semi-invasif appartenant au client et réutilisé par un client unique à son domicile n'exige pas une désinfection entre les utilisations s'il est nettoyé adéquatement avant sa réutilisation.

         

        Page 32 : L'eau bouillante ne permet pas de stériliser efficacement les instruments et les ustensiles ni de détruire les spores bactériennes et certains virus. Dans un environnement de soins à domicile, l'eau bouillante peut servir à la désinfection complète du matériel réutilisé par le même client, après un nettoyage adéquat.

         

        Page 35 : Les organismes de soins de santé à domicile peuvent envisager de réutiliser du matériel médical semi-invasif à usage unique pour le même client à domicile si sa réutilisation est sécuritaire et que son coût d'élimination est prohibitif pour le client.

        Alors, il est acceptable de traiter à l’eau bouillante l’équipement qui sert à domicile, en tenant compte de l’utilisation que l’on fera de l’équipement. Posez-vous les questions suivantes et soupesez les risques associés à vos réponses :

        • Servira-t-il à d’autres clients?
        • Quel est l’état immunitaire de la personne? Les microbes qu’elle porte pourraient-ils la rendre malade?
        • Quel équipement utilisez-vous? À quoi sert-il et à quel point est-il invasif? Il faut prendre cette décision après mûre réflexion et en évaluant les risques et les avantages.

         


        14.  Est-ce vrai que la dureté de l’eau peut réduire l’efficacité de certains produits de nettoyage (en particulier l’eau de Javel)?

         

        Selon le document CDC’s Guideline for Disinfection and Sterilization in Healthcare Facilities, 2008, pp. 39-40, les solutions d’hypochlorite de sodium à 5,25 % ‑ 6,15 % (qu’on appelle communément l’eau de Javel) ont un effet antimicrobien à spectre étendu, ne laissent pas de résidu toxique et ne perdent aucunement leur efficacité en raison de la dureté de l’eau. Les composés d’ammonium quaternaire, cependant, sont moins efficaces en présence d’eau dure. Le document CDC’s Guideline for Disinfection and Sterilization in Healthcare Facilities, 2008, indique à la page 52 que :

        « Les composés d’ammonium quaternaire sont de bons agents nettoyants, mais l’eau très dure et des matières comme le coton et les tampons de gaze peuvent nuire à leur effet microbicide en raison des précipités insolubles ou de l’absorption du produit par les tampons de coton ou de gaze, selon le cas. » [notre traduction]


        15.  Un tampon à l’alcool suffit-il pour nettoyer un clavier? Notre gestionnaire de l’environnement dit qu’on lui a indiqué qu’un tampon à l’alcool suffit pour le nettoyage des claviers. Est-ce le cas?

         

        L’alcool n’est pas une très bonne option en fait de produit nettoyant, car il n’a aucun effet détersif, donc il n’est pas très efficace. Pour le nettoyage, vous voulez un produit qui contient un détergent qui aidera à éliminer la « souillure » de la surface. Et vous le savez si vous avez déjà essayé de nettoyer un clavier, la souillure peut être abondante.

         

        L’alcool peut servir de désinfectant, mais il n’est pas efficace contre les spores bactériennes comme C. difficile ou les virus non enveloppés comme le norovirus. De plus, l’alcool s’évapore très rapidement, donc c’est très difficile d’atteindre la durée de contact nécessaire pour rendre les microorganismes inactifs.

         

        Bien qu’il soit important de nettoyer des objets comme les claviers d’ordinateur, on peut aussi s’attaquer à ce problème en faisant la promotion du nettoyage des mains avant et après avoir touché un clavier. Vous voudrez peut-être placer un contenant de solution à base d’alcool pour les mains près des ordinateurs pour souligner l’importance de l’hygiène des mains.

         


         

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